7. Risques et Santé


Des risques, il y en a de quoi remplir une encyclopédie. Dans tous les sens, CIGEO comporte une dangerosité extrême, des problèmes techniques non résolus et un effet sur la santé minimisé par les instigateurs du projet.

Les décideurs ne peuvent ignorer ces risques.


Rien n’est décidé, il est temps d’agir, d’informer, de discuter et d’étudier d’autres alternatives.


Eux sont pressés, nous avons le temps.

 


 

♦ LES RISQUES ♦



Certains colis de déchets dégagent de l’hydrogène explosif, d’autres sont inflammables, une gigantesque ventilation serait nécessaire en permanence, l’intrusion d’eau augmente les risques de criticité, etc.

 


CIGEO pose de nombreuses questions sur les risques et les impacts à moyen terme. Ces éléments, au travers des quelques milliers de pages des volumes techniques de l’ANDRA, ont été étudiés par le scientifique indépendant Bertrand Thuillier.


Ce dernier démontre que la faisabilité technique de CIGEO est très discutable. Cette analyse arrive à point puisqu’aucune décision n’est prise pour l’instant.


 

L’analyse de Bertrand Thuillier est synthétisée dans cette présentation.

 


Schéma B. Thuillier.


 

Transports


deraillement d un convoi dechets nucleaires

Il y a  actuellement 15 000 colis de matières radioactives issus du cycle nucléaire qui circulent annuellement en France et 750 concernent des transports de matières hautement radioactives. Un seul wagon de transport de combustibles usés contient presque 10% de l’inventaire radioactif d’une centrale nucléaire soit des millions de milliards de becquerels ! Les matières nucléaires sont transportées sous de nombreuses formes physiques (gaz, poudres, liquides, assemblages métalliques...) et utilisent aussi bien les trains que les camions, les cargos et même les avions.


Source image


Pour CIGEO, l’ANDRA  estime  que  le  terminal ferroviaire  devrait  pouvoir  accueillir  entre  700  et  1000  emballages par  an  (1000  arrivées  et  1000  départs),  ce qui équivaut à 100 convois de 10 wagons par an - environ 2 trains de 10 wagons par semaine pendant 125 ans !!!! C’est autant de convois qui traverseraient la France entière, au risque de contaminer au passage les communes riveraines des voies ferrées et des gares…Mais vous n'en saurez rien puisque le parcours de ces déchets est classé secret défense.

De nombreuses investigations indépendantes et scandales passés montrent que le contrôle et la transparence, l'état de contamination et les effets sur la santé des travailleurs et des riverains de ces transports hautement dangereux laissent sérieusement à désirer. En témoigne, par exemple, l’affaire des transports contaminés de Valogne en 1997. (cf. Article Libération : « Une note secrète accablante. Nucléaire: attention, transports dangereux. » ainsi que le numéro de Juin 1998 de WISE-Paris « Investigation Plutonium, spécial transport » )


L'intrusion d'eau, l'ennemi de CIGEO


Lire l'article ici, où rendez vous à la partie 'eau'



Risque lié aux bactéries ?


Dans un stockage souterrain profond, les micro-organismes pourraient affecter la stabilité du dépôt de déchets radioactifs, un problème encore méconnu.

Davantage de renseignements dans ces documents :
 

Installations de surface :

 

300 hectares en surface autour du village de Bure seraient officiellement réservés aux entreposages et autres dépendances de CIGEO. Il semblerait que, actuellement, l’ANDRA se soit déjà approprié au moins le double de foncier.


Alors qu’aucune décision n’est encore prise, les dossiers techniques de l’ANDRA projettent d’ores et déjà les possibilités de développer ces entreposages pour qu’ils deviennent, à terme, des installations de remplacement du site actuel de la Hague.



Sites d’entreposage de déchets radioactifs de Soulaines (à droite) et de Morvilliers (à gauche) dans l’Aube, image HCTISN & ASN 



Usines de la Hague : l’étendue du site de la Hague peut donner une idée de ce que serait CIGEO qui accueillerait aussi des installations de surface en superficie équivalente.



 la Hague dans le Cotentin

 

 Installations nucléaires de la Hague

 

 Installations de la Hague, Image AREVA

 


Complément :

Les acquisitions foncières de l’ANDRA en Meuse/Haute-Marne se montent à 98 hectares en 1996 (pour 2,2 millions de Francs). En mai 2011, l’ANDRA a déjà acquis 650 hectares pour 3 622 980 euros. Dans le cadre d’une convention avec l’ANDRA les SAFER de Lorraine et de Champagne- Ardenne, ont mis en réserve 328 hectares supplémentaires.


Concomitance des travaux et de l'exploitation, des risques non étudiés :


La concomitance envisagée des travaux de construction et de l’exploitation à partir de 2025 implique de nombreux risques technologiques qui n’ont pas été encore étudiés.


Ce point fondamental de l’élaboration du projet pose de nombreuses questions quand on imagine que, pendant 100 ans, des travaux miniers pourraient être effectués à proximité de galeries dans lesquels des déchets hautement radioactifs seraient entreposés, et cela à des centaines de mètres sous terre .


Il faut réagir tant que cette démence n’est encore qu’un projet !

 

 

 

Dessin libre de droits

 

L'ANDRA, une science très optimiste au service du nucléaire :

Un rapport récent de l’organisme indépendant américain lEER (Institut pour la Recherche sur l’Energie et l’Environnement) sur les recherches menées à BURE pointe l’optimisme excessif et généralisé de l’Andra, en ce qui concerne l’interprétation des données collectées. L’Andra émet des « hypothèses » très positives en matière de comportement de la roche à long terme, malgré toutes les inconnues que cela suppose. Des lacunes subsistent dans des domaines essentiels tels que circulation de l’eau, sismicité, homogénéité de la roche, impact de la chaleur émise par les déchets, impact du creusement..., et ce, à quatre ans du lancement de la construction du site d’enfouissement (2015). Pour cet expert indépendant le calendrier officiel fixé est beaucoup trop tendu, des travaux supplémentaires sur une période de temps  supérieure à quelques années seraient nécessaires.

 


» Pour aller plus loin sur la question des risques «

 

Synthèses de Bertrand Thuillier :

• Nuisance

• Sécurité


• Vidéo – conférence de Bertrand Thuillier à Ligny en Barrois

• Débat contradictoire à Bure entre Bertrand Thuillier et le directeur de la maîtrise des risques de l’ l’ANDRA organisé par le CLIS de Bure

• L’état de l’environnement à la Hague - ACRO


• article MIRABEL LNE "l'intrusion d'eau, l'ennemi de CIGEO"

 

• Concernant l’activité microbiologique :

 


 

♦ LA SANTE ♦



Concernant CIGEO, l'information sur la radioactivité ne doit pas être banalisée :


Dans l’exposition qu’elle présente sur le site du laboratoire de Bure, l’ANDRA banalise à outrance la radioactivité et les risque sur la santé. Nous jugeons cette approche inappropriée, notamment vis à vis du public jeune et local, qui, s’il reste sur le territoire, serait destiné à vivre à proximité du centre et serait soumis, dans le meilleur des cas, à des faibles doses en permanence.



Extrait du carnet d’exposition ANDRA pour les enfants « Découvrons la radioactivité »

 


 


Il est nécessaire d’avoir une approche plus pédagogique et objective. Recherche, conception, réalisation, surveillance, développement local, jusqu’à l’éducation de nos enfants, l’ANDRA a la main mise sur tous les maillons de ce projet.  Mais la décision de CIGEO n’est pas prise. Laissez nos enfants en paix !



Quel type de rayonnement pour quel risque sur la santé :

 

Lors d'une désintégration, le noyau atomique libère de l'énergie sous différentes formes. Le nombre de désintégrations par unité de temps est le Becquerel (Bq). C'est cette quantité qu'on mesure avec un compteur Geiger par exemple. L’effet sur la santé dépend du type de rayonnement et du type d’exposition. Il se mesure en Sievert (Sv). Le rayonnement 'alpha' est un atome d'hélium qui sort du noyau à très grande vitesse. Le rayonnement 'béta' est un électron, le rayonnement 'gamma' est une onde. Les rayonnement alpha et béta sont très toxiques par contamination (ingestion, inhalation...). Le rayonnement gamma est un rayonnement qui traverse la plupart des matériaux. Ce rayonnement est toxique par simple exposition.


Graphique MIRABEL LNE




Effet de la radioactivité sur la santé :

 

La radioactivité agit sur les êtres vivants, soit directement en cassant l'ADN, soit indirectement en cassant les molécules d'eau (radiolyse). Une fois 'cassé', l'ADN aura du mal à se reconstituer. De même, une fois 'cassée', la molécule d'eau se transforme en produits très toxiques comme l'eau oxygènée. Une fois endommagée, une cellule mutante peut transmettre son ADN défectueux aux générations suivantes.

Schéma MIRABEL LNE




La nocivité de la radioactivité existe bel et bien dès la première dose reçue :



La recherche sur les corrélations entre les effets (cancers provoqués) et les doses de radioactivité reçues a beaucoup progressé. La recherche indépendante démontre aujourd’hui clairement qu’il n’y a pas d’effet de seuil. En effet, il a longtemps été admis qu’en dessous d’une dose reçue de 100 millisieverts, il n’y avait pas de risque pour la santé. Aujourd’hui, un consensus international admet qu’il y a un effet dès la première dose reçue et que les doses et les effets sont cumulatifs tout au long de l’existence d’un individu. Ainsi, l’impact environnemental et sanitaire des activités nucléaires est généralisable à l’ensemble de la population humaine et à son environnement naturel.  Nous sommes tous concernés et devons nous mobiliser tant que rien n’est décidé.



 Relations dose / effet (National Academy of Sciences  - USA)


a – linéaire sans seuil

      d – linéaire à effet de seuil

 

 


 » Pour aller plus loin sur la question de la santé «

 

 

 « L’héritage de Tchernobyl », exposition photo de Paul Fusco


tchernobyl, 25 ans

• Synthèse des travaux de l’équipe de Youri Bandajevski
- Tchernobyl, 25 ans après : Situation démographique et problèmes de santé dans les territoires contaminés
- Les conséquences de Tchernobyl sur la santé, le système cardiovasculaire et l’incorporation de radionucléïdes Cs137
- Les conséquences de Tchernobyl sur la natalité

• Site de la CRIIRAD (Commission de  Recherche et d'Information  Indépendantes sur la Radioactivité).
• Site de l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l'Ouest).