3. Combustibles usés



Selon les autorités, CIGEO ne concernerait ‘que’ les déchets HA et MAVL (Haute et Moyenne Activité à Vie Longue).

Mais il y a une autre catégorie de matières très hautement radioactives qui s’accumulent dangereusement et dont on ne sait que faire…Selon le dossier du débat public de l’ANDRA : « En France, les combustibles usés ne sont pas destinés à être stockés. », mais en réalité et quand on fouille un peu, on comprend que personne ne sait quoi faire de ces matières immondes qualifiées pourtant de « matières valorisables » par notre législation.

Rêves de savants fous ou supercherie ?


L’autorisation de CIGEO ouvrirait la porte à l’enfouissement des combustibles usés en plus des déchets HA et MAVL.


Il faut donc d’urgence empêcher cette autorisation.




Comme les exploitants ne savent pas quoi faire des combustibles usés et assimilés, ceux-ci s’accumulent en grande quantité, pour l’essentiel dans des piscines de refroidissement à la Hague, en attendant une solution miracle. Le tableau ci-dessous récapitule les quantités de ces matières entreposées en France fin 2010. 

 

 

 


Pour l’heure, ces matières ne sont pas considérées comme des déchets. En effet, l’industrie nucléaire entretien une spéculation sur la possibilité, un jour, de retraiter ces matières et l’ensemble des déchets radioactifs. Ce procédé miracle, qui tient du mouvement perpétuel ou du mythe de la pierre philosophale, se concrétiserait par le développement d’un prototype de réacteur de recherche. Ce projet de réacteur du futur a été nommé « ASTRID ». S'il est autorisé, il serait implanté à Marcoule dans le Gard. Ni l’autorisation de ce réacteur, ni celle de CIGEO n’est encore donné. Rien n’est décidé.

 


Ci-dessus, le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA - industrie nucléaire / recherche) fait la publicité d’ASTRID, le premier réacteur de 4ème génération. Avec ce slogan « Vers un nucléaire durable », le CEA essaie tant bien que mal de verdir l’image de l’industrie nucléaire. La référence au développement durable ne sert ici qu’à cacher la misère d’une industrie en déroute. Comme CIGEO, ASTRID est un leurre et il est grand temps de le faire comprendre à nos dirigeants.


 

S’il est autorisé, le prototype ASTRID utiliserait le même type de procédé que le réacteur SUPERPHENIX. SUPERPHENIX était un réacteur expérimental français construit en Isère. Ce prototype utilisait du sodium liquide plutôt que de l’eau comme caloporteur afin de ne pas ralentir les neutrons et favoriser ainsi la réaction nucléaire, d’où l’appellation « réacteur à neutrons rapides ». Le sodium est explosif et inflammable au contact de l’air. En à peine 11 ans de fonctionnement, ce réacteur expérimental a subi de nombreux incidents qui ont amené l’Etat à prononcer son arrêt définitif en 1997.

SUPERPHENIX a coûté 12 Milliards d’euros entre 1974 et 1997.Ce gouffre financier n’a apporté aucune solution. De nos jours, ce réacteur est encore sous haute surveillance et son démantèlement est un véritable casse-tête.

Le prototype ASTRID serait donc la petite sœur du plus grand fiasco industriel que la France ait jamais connu.


 

Le surgénérateur Superphénix devait "faire disparaître les déchets radiaoctifs", il a juste réussi à désintégrer... 12 milliards d'euros. 


 

Selon les exploitants, les combustibles usés, considérés actuellement par la loi comme des matières ‘valorisables’, sont destinés à être utilisés dans des générateurs de 4ème génération (programme ASTRID) qui n’existent pas encore. Alors qu’aucun EPR, réacteur de 3ème génération, n’est en exploitation actuellement. Ce pari technologique apparaît à tel point improbable qu’en 2012, la cour des comptes a demandé de reconsidérer cette question essentielle pour le dimensionnement et l’acceptabilité de CIGEO.


Pour l’heure, les autorités communiquent sur l’impossibilité juridique de stocker ces combustibles, puisqu’ils ne sont officiellement pas classés comme déchets. Ces matières sont à très haute activité et leur prise en compte, ou pas, dans la conception du centre est un élément essentiel du projet CIGEO.

 

Par le passé, lorsque le laboratoire de recherche de Bure a été autorisé, certains imaginaient qu’il n’était pas question d’un centre d’enfouissement. En 2015, CIGEO demandera une autorisation pour enfouir tous les déchets HA sauf les combustibles usés. Ensuite, sera-t-il question d’enfouir finalement aussi ces combustibles usés ? Nous ne pouvons pas fermer les yeux indéfiniment !

 


Vers un enfouissement des matières « valorisables » à Bure ?


Extrait du rapport de janvier 2012 de la cour des comptes « Les coûts de la filière électronucléaire » :

 

 Il serait prudent de travailler à des solutions alternatives, au cas où l’hypothèse de la 4ème génération ne se révèlerait pas réalisable à grande échelle, notamment en intégrant une variante prévoyant le stockage des combustibles usés dans le projet de stockage géologique profond actuellement à l’étude.

 


Dessin libre de droit



 » Pour aller plus loin «


• Dossier scientifique de la gazette du nucléaire G@zette N°264, mai 2012

• « Vers un nucléaire durable », dossier de presse du Commissariat à l’Energie Atomique

• Plutonium Investigation, site de WISE-Paris : http://www.wise-paris.org/