11. Réversibilité

 

Le principe même d’enfouissement est irréversible.


Les exploitants tentent de nous faire croire le contraire mais seul un entreposage de surface ou de subsurface, non étudié à ce jour, pourrait être réversible.


Faisons machine arrière !



 

Qu'est-ce que la réversibilité? 

 

La loi de 2006 impose que le stokage géologique soit réversible. Cependant, cette loi ne donne aucune définition juridique au terme 'réversibilité'. Il est envisagé qu'une loi en 2016 donne à ce terme sa définition officielle.


Pourtant, le débat public vise à débattre de cette notion.

 

 


En effet, de quoi sera-t-il question alors dans ce débat?


Selon l’agence de l’énergie nucléaire :

 

La réversibilité se réfère au processus de décision au cours du projet. Elle implique que le processus de stockage permette une flexibilité suffisante pour pouvoir, si nécessaire, inverser ou modifier une ou plusieurs décisions prises antérieurement.

 

La récupérabilité désigne la capacité technique à récupérer les déchets stockés.

 

 

La principale question que pose le principe de stockage géologique est celle de la récupérabilité des colis, notamment en cas de dysfonctionnement ou de nécessité technique. C’est ce point, en particulier, qui aurait dû justifier techniquement et scientifiquement la mise en œuvre d’un laboratoire d’étude pour un entreposage pérennisé de surface ou de subsurface, puisque dans ce cas, il est beaucoup plus simple de récupérer les colis.

Ce laboratoire n’a jamais été réalisé alors que les conclusions du débat public de 2006 le mentionnait comme une nécessité.


Dans les galeries de CIGEO, à 500 mètres sous terre, il serait impossible, voire dangereux d’appliquer strictement ce principe. Pour l’instant, l’ANDRA annonce la fermeture définitive de CIGEO en fin d’exploitation, vers 2125.

Après, il n’y aurait plus qu’à faire confiance à l’argile et aux concepteurs pour des milliers d’années.

 

Quoiqu'il en soit, l’ANDRA n’est obligée de rien puisque La directive européenne du 19 juillet 2011 définit le stockage comme « le dépôt de combustible usé ou de déchets radioactifs dans une installation sans intention de retrait ultérieur ».


Mais pour l’heure, rien n’est décidé et il est temps d’agir pour empêcher un projet irrémédiable et irréversible tel que CIGEO.





 

Récupérabilité ? L'exemple des Mines d’Asse (Allemagne) :


Le principe de récupérabilité est illustré par la mine d’Asse en Allemagne où de grandes quantités de déchets nucléaires, dont du plutonium, ont été stockées, et où des problèmes d’infiltrations d'eau amènent désormais de grandes inquiétudes quant à l’effondrement irrémédiable des galeries et les risques consécutifs de contamination grave des nappes d’eau potable de la région.

 

47 000 m³ de cavités situées entre 500 et 800 m sous terre remplies par 126 000 barils de déchets radioactifs dont uranium et plutonium entreposés depuis 1967.

 

Depuis 1988, des infiltrations conséquentes impliquent un effondrement irrémédiable des cavités d’ici 2020. Cette situation fait peser un risque très grave de contamination de l’eau.


La récupération des fûts a été estimée à 2 milliards d'euros.

Lire l'article : ARTE - 17/12/20122012, "Il faut désamorcer la mine d'Asse"


S’il était encore temps, les allemands donneraient cher pour que Asse ne soit pas autorisée.

À nous d’interdire CIGEO !



                                                                                                                                                   Photo de la mine d’Asse, Science & Vie n°835, avril 1987. 



Récupérabilité ? L'exemple de Stockamine (Alsace) :

 

Une problématique similaire a récemment été à l’origine d’un mouvement citoyen de contestation, lorsqu’un incendie s’est déclaré dans les mines de Wittelsheim en Alsace. Pendant les 2 mois qu'a duré l'incendie, les habitants, les salariés et les sauveteurs ont été gravement exposés et 12 000 m3 de fumées toxiques ont été évacués dans l'atmosphère.


Dans ces mines, de très grandes quantités de déchets toxiques (cyanures, mercures, arsenic… non radioactifs) ont été stockés à 600m de profondeur et aujourd’hui, dix ans après, ces déchets trempent toujours dans la nappe sans que personne ne sache comment faire pour les récupérer.

Il pourrait se passer, à CIGEO, ce qui s’est passé à Stockamine, mais à une échelle et une gravité démesurément plus importantes dans le cas de CIGEO.


S’il était encore temps, les Alsaciens feraient tout pour interdire Stockamine...

À nous d’interdire CIGEO !

 

 

photo Alsace.fr

 

Récupérabilité? L'exemple du centre de stockage nucléaire WIPP (USA) :

Dossier complet ici

COMMUNIQUE / INFORMATION jeudi 20 mars 2014

Déchets nucléaires sous terre, quand ça brûle, au fond... on fait quoi ?

La Coordination BURESTOP ne peut qu'établir une similitude sérieuse entre Cigeo/BURE, gigantesque projet d'enfouissement souterrain des déchets les plus dangereux et la situation actuelle et très alarmante induite par l'incendie déclaré, début février 2014, dans le centre de stockage nucléaire WIPP (USA).

Il est urgent de s'interroger sur les risques réels de tout stockage souterrain de déchets nucléaires, et sur la poursuite du projet Cigeo/BURE, au-delà des projections rassurantes et incomplètes proposées par l'Andra. Le risque zéro n'existe pas. Ce que qualifie aujourd'hui l'IRSN, dans sa récente note d'information, "d'incidents survenus au WIPP", pourrait aussi s'appeler accident majeur. (Des membres du CLIS de Bure ont visité ce site en 2011.)

QUE SE PASSE-T-IL AU JUSTE AUTOUR DU CENTRE D’ENFOUISSEMENT DE DECHETS NUCLEAIRES MILITAIRES DU WIPP (NOUVEAU MEXIQUE/USA) ?

Le 5 février 2014, un incendie se déclare dans le centre d’enfouissement à 650m de déchets nucléaires militaires du WIPP (Nouveau-Mexique).

Le 14 février, le système de ventilation entre en fonction, sous l’action de rejets contaminants. Il semblerait qu’un ou plusieurs des 258 colis de déchets enfouis (dans la salle 7/zone 7) soient la source des rejets chimiques et radioactifs. La radioactivité aurait parcouru 900m de tunnels et une distance d’au moins 2,4 km comprise entre la zone des rejets et la station de surveillance de l’air en surface mise en alerte. Sous réserve de confirmation, il semblerait qu'une galerie (formation géologique de sel) se soit effondrée.

Le 26 février, 13 employés du WIPP ont été informés qu’ils avaient été testés positifs à une contamination radiologique interne, principalement à l’américium 241. La ville de Carlsbad aurait été touchée par les rejets.

Il est difficile de déterminer l’ampleur des dégâts souterrains matériels et les moyens à mettre en œuvre. Grosses inconnues car l’information réelle est délivrée au compte-goutte : cause exacte, quantité et nature des rejets contaminants ; taux de contamination de l’environnement en surface et sous terre...A quelles doses de contaminants radioactifs et chimiques les employés qui devront y descendre seront-ils exposés ?

 


» Pour aller plus loin «